La psychologie de la pauvreté

Ne voyons pas trop vite, relativement à une telle expression, une psychologie du pauvre.
Bien entendu, dans son ultime expression, une psychologie de la pauvreté ne pourrait pas ne pas se ramener aux affres de la singulière souffrance éprouvée personnellement du pauvre; encore que cette singulière expérience pourrait ne pas toujours être une solitaire souffrance. La psychologie de la pauvreté n’en resterait pas moins une question légitime et utile.
Encore une fois donc, la psychologie de la pauvreté n’est pas la psychologie du pauvre. Il y aurait d’ailleurs bien à se réjouir qu’elle puisse travailler en amont, à prévenir qu’elle n’ait à se mettre en branle que comme une psychologie du pauvre. Car à l’heure des économies de bouts de chandelles comme réflexes individuels, il se fait certainement qu’un mal durable a déjà été fait. Non pas tant au niveau de l’individu pauvre qu’au niveau de la société qui s’en inflige le criant spectacle.

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S. Raymond Aïgba

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